Tout est chamboulé ! (homélie du P Michel Bravais pour l’Assomption)

Tout est chamboulé !

L’Esprit Saint, toujours lui, fait annoncer par Élisabeth que Marie porte en elle le Seigneur : la première voix humaine qui annonce la réalisation des promesses de Dieu est une voix de femme !

A la fin de ce même évangile selon saint Luc, les premières messagères de la résurrection seront aussi les femmes !

Poussée par l’Esprit, Marie, à son tour, prend la parole, elle prend le relais d’Élisabeth pour dire les merveilles de Dieu :

– Un Dieu qui met tout à l’envers !

– Un Dieu qui disperse les superbes, renverse les puissants, renvoie les riches les mains vides !

– Un Dieu qui élève les humbles et comble de biens les affamés !

 

Pourquoi Dieu donne-t-il ainsi la parole aux femmes ?

Parce que généralement, comme la Parole de Dieu, une parole de femme est une parole créatrice de vie :“Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi.Gn 1,24,.

C’est aussi une parole nourricière, ainsi Jésus dira-t-il après la multiplication des pains “Je suis le pain de la vie” Jn 6.

C’est une parole de respect (“Ce que vous avez fait au plus petit,…c’est à moi que vous l’avez fait” Mt 25.

La parole masculine, elle, est trop souvent une parole de pouvoir, d’accaparement, d’exclusion,…

Alors que Marie soit la première à entrer dans la Gloire de Dieu (c’est la fête d’aujourd’hui), qu’elle soit la première d’une nouvelle création, quoi de plus logique !

Bien sûr, il y avait des hommes avec plus panache qu’elle, comme Abraham, Moïse ou encore David, mais Dieu, notre Dieu préfère les humbles lui qui de Dieu qu’il était s’est fait homme jusqu’à la mort et la mort infamante du supplice de la croix.

Mais Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. Phil. 2,9-11

 

Il y a quelques années,Jean Ferrat chantait “la femme est l’avenir de l’homme”

Marie elle, à la suite de Jésus, est la parfaire image de ce que nous sommes appelés à être : elle est le signe de l’avenir de l’humanité.

Mais pour cela accepterons-nous de mettre tout à l’envers, accepterons-nous de chambouler les valeurs d’un monde où le pouvoir, la violence et la mort l’emportent sur la vie, le respect, l’accueil de l’autre ?

Serons nous, comme Élisabeth et Marie, les prophètes d’un monde nouveau : le monde selon le Dieu de Jésus Christ ?